By Peoplesphere On lundi, juillet 21 st, 2014 · no Comments · In
Au cours des dernières années, le Luxembourg a connu un taux d’inflation généralement supérieur à la moyenne de l’Union européenne (UE) et de ses pays voisins. Pour mieux cerner le phénomène, l’Observatoire de la compétitivité du ministère de l’Economie vient de publier une étude intitulée « Formation des salaires et indexation automatique: analyse comparative de quatre pays européens » réalisée par l’Université du Luxembourg.

La présente étude est motivée par les doutes méthodologiques concernant une étude de la Commission européenne publiée en 2011 qui a conclu que les pays avec un système d’indexation des salaires présentaient un comportement de formation des salaires plus rigide que les pays sans adaptation automatique des salaires. Maintes organisations internationales comme l’OCDE, le FMI et la Commission européenne se sont appuyées sur cette étude pour recommander au Luxembourg d’abandonner le mécanisme d’indexation traditionnel auquel les salariés et les organisations syndicales sont attachées.

Impact sur les salaires

L’Observatoire de la compétitivité a ainsi commandité auprès de l’Université du Luxembourg une analyse plus approfondie des effets potentiels de l’indexation automatique sur la formation des salaires au Luxembourg, et une comparaison à ses pays voisins: le Luxembourg et la Belgique connaissant un tel mécanisme tandis que la France et l’Allemagne n’en disposent pas. L’objectif de l’étude était donc de vérifier si la formation des salaires au Luxembourg (et en Belgique) est effectivement plus rigide qu’en Allemagne et en France.
« De manière générale, les différents coefficients estimés dans le cadre de cette étude présentent plus de similitudes que de différences entre pays. Cela veut dire qu’il n’y a pas de différence systématique concernant la formation des salaires entre les pays avec un système d’indexation automatique et les pays sans un tel système d’indexation automatique, ceci en observant à la fois les relations de long terme et les réactions dynamiques face à un choc exogène. En effet, l’impact d’un choc de prix sur les salaires réels est d’ampleur limitée sur le court terme pour les quatre économies concernées et devient nul au-delà de quelques années. En d’autres termes, si des différences de rigidité salariale existent entre pays, leurs causes seraient à trouver ailleurs que dans les mécanismes d’indexation automatique, comme par exemple les salaires d’embauche, la flexibilité intersectorielle, la part variable des rémunérations ou des changements dans la composition sectorielle de la main d’oeuvre ».
Pour retrouver l’ensemble de l’étude, c’est ici!